dimanche 17 mai 2015

vendredi 15 mai 2015

dimanche 10 mai 2015

autos-biographie

Acte 1.

Nous sommes en 1996. Je reviens d'une année et demie passée en Suisse chez Franco Sbarro. Après avoir passé tout ce temps au milieu de belles autos, avoir touché des Jaguar,Ferrari, Porsche et autres Aston Martin je rêve moi aussi...d'une 2cv. Car celle qui m'a tapé dans l’œil c'est bien la sautillante fourgonnette bleue à portes rouges de mon camarade Tanguy. De retour au bercail, je vends bien vite une BX au bout du rouleau et je me mets donc à la recherche de la "belle" dans les petites annonces locales. Je trouve près de chez moi un modèle de 1966, sans trop savoir ce que ça implique.


En fait ça implique 18 ch réels, 70 km/h sur le plat, 90 dans les descentes. Une batterie 6v qui fait que la nuit, vous suivez l'ombre de votre propre voiture créée par les phares de celle qui vous suit. Ça implique aussi que par temps de pluie il faut compenser la paresse des essuie glaces par un certain sens de l'imagination pour deviner ou va la route.



Surtout, mon budget étant proche du néant, la belle AZAM (ça veut dire version luxe, avec des baguettes sur le capot et en bas des portes) à embrayage centrifuge (géniale invention) est une presque épave. Je refais l’intérieur défoncé avec une couverture panthère et vogue la galère. Elle m'a tout de même emmené jusqu'à Houlgate avec Guillaume et un parpaing en guise de cric.


Ensuite, il fallait compter sur une consommation d'huile de 1L/100, ce qui n'est pas normal, même avec une 2cv. Puis je suis tombé en panne à cause des fils électriques tous fondus ensembles, ai failli perdre une roue, le voyant de pression d'huile s'allumait dès qu'on était au ralenti...Puis la malheureuse n'a pas résisté à l'hiver suivant et ne démarrait plus, plus de compression à la manivelle. Vendue très vite, en l’état, bien convaincu d'acheter une voiture plus moderne pour la remplacer.


Acte 2.

Nous sommes donc en 1997. Je dois partir en Allemagne pour un stage au design Mercedes, que j'ai réussi a décrocher bec et ongles. Pour faire la route, il me faut une voiture simple et fiable, une Renault 9 me semble un choix parfait, et j’écume les garages locaux à la recherche de ce bel engin. Un garagiste me dit:"J'en ai pas mais j'ai un copain qui vend une AMI, ça vous intéresse?"
Ça ne m'intéresse évidemment pas du tout, car je me suis promis qu'on ne m'y reprendrai pas.
Je vais voir, juste par curiosité.
L'ami 8 en question est là, fraîchement rénovée, elle me regarde avec ses yeux bizarres et sa tronche enfoncée d'usine et je l'achète immédiatement. 6000 francs.


Bientôt l'Ami est chargée jusqu'au toit direction Stuttgart, où elle m'emmène sans encombres hormis un faux contact dans le clignotant arrière droit. Je me fais certes doubler par les 38t sur la nationale, mais j'arrive.
Quelques jours plus tard, après avoir appris le décès de Lady Diana sur la seule radio française que j'arrive à capter dans la voiture, déprimé par les conditions de détention d'hébergement des stagiaires et un peu perdu dans ce pays barbare dont je ne comprends pas la langue malgré 6 années à l'étudier, je décide de rentrer pour continuer sagement mes études des design à Paris. L'ami me fera ensuite 2 pannes bizarres: une boîte de vitesse bloquée à la fois en marche avant et en marche arrière, puis après réparation une explosion pure et simple du ventilateur. Etudiant à Paris, elle reste en Normandie. Je la garde encore mais l'utilise trop peu et l’inévitable arrive, je la vends après 2 ans. Elle reste dans mon souvenir une très bonne auto, confortable et économique, à l'allure décalée qui la rend finalement plus sympathique qu'une 2cv.


Des années passent, avec une efficace mais triste ZX grise.

Acte 3.

Je suis arrivé à Toulouse, nous sommes en 2002. Maintenant salarié, j'ai de quoi m'offrir une vraie voiture de collection, un cabriolet surtout puisque nous sommes dans le sud!
Petites annonces à nouveau, encore dans un journal papier, et je trouve ce qu'il me faut: une 2cv 6 Special 1981, première main, que je peux même aller chercher à pied! Un peu cabossée, mais elle fonctionne bien et je l'achète. 610 euros. A l'époque les 2CV ne sont pas encore des voitures de nantis. 



Je lui trouve une aile avant plus présentable à Montpellier, que je repeins moi même a la bonne couleur, ainsi que les roues et les pare-chocs. Un jour une grêle transforme sa capote en passoire, mais Internet est maintenant là et tout se retrouve. Je m'en servirai comme d'une vraie seconde voiture, que j'utilise souvent et même pour des balades assez longues genre Toulouse-Mazamet-Pic de Nore-Carcassonne-Toulouse, plusieurs fois et même sous la neige.






Au bout de quelques temps j'ai refait le moteur, même si ça n’était pas indispensable mais je l'ai déjà raconté ici.
En 2012, devenu père de famille, je n'ai plus tellement le temps de l'utiliser et n'ai pas d'abri pour la garer. Je ne supporte plus de la voir s'abîmer dehors et la vends, à regrets.
Puis, je m'ennuie. Automobilistiquement parlant bien sûr. J'ai une Volvo grise, qui marche toujours, tout le temps, sans bruit ni couinements.

Acte 4.

Je trouve d'abord un abri et recherche une auto qui fait du bruit et sent l'essence dans le but de participer à la balade d'automne en octobre 2012.


Ce sera une MG BGT. Je découvre l'automobile anglaise. C'est aussi énervant qu'attachant.
Mais c'est tout de même un régal a conduire, le volant a droite ajoute au charme de l'engin. Le style peut sembler un peu commun mais à force de la regarder on se rend compte que l'équilibre des formes est parfait. Après pas mal de frais pour la fiabiliser, je dois me rendre a l'évidence que c'est un plaisir bien égoïste car les places arrière sont réellement trop peu logeables et rassurantes, et il faudrait quelque chose d'un tant soit peu plus "familial".


Elle vient donc de partir entre des mains plus jeunes que les miennes. Je lui souhaite encore une longue route.

L'acte 5 reste un point d'interrogation, mais pas de précipitation...

lundi 27 avril 2015

Le Tour photo II








Quelque suite, et fin.