mercredi 21 février 2007

Les limites de l'humain: le tour du lac du merle en solitaire




Il y a quelques temps j'ai lu 3 livres de Mike Horn, cet explorateur qui a entre autres descendu l'Amazone à la nage, fait le tour du monde à pied, VTT et voilier sans s'éloigner de plus de 40km de l'équateur, ou le tour du cercle polaire arctique également à pied et en voilier...

Il a évidemment manqué de mourir à de multiples reprises, mais s'est sorti de toutes les situations à la force de sa seule volonté et en partant du principe que "n'est considéré impossible que ce qui n'a pas encore été tenté".

La tête encore pleine de ses exploits, un jour bien enneigé je vais me promener au Lac du Merle, tout près de Castres.

Ce lac est entouré de forêts, un (très) petit sentier part du barrage pour s'arrêter bien vite, en gros, on ne peut pas vraiment en faire le tour: on se retrouve vite dans des sous bois assez inextricables, sur un sol plus ou moins marécageux et accidenté.

Je commence donc par ledit petit sentier, où j'avais fait demi-tour lors d'une visite précédente faute de trouver un vrai chemin. Mais cette fois ce n'était plus pareil, je n'étais plus le même homme, j'avais lu Mike Horn...

Donc pas question de faire demi-tour, je DEVAIS faire le tour de ce lac, dans la neige jusqu'aux mollets, ce ne pouvait pas être impossible, puisqu'il y avait des traces de lapin, je pouvais y arriver aussi.

J'avoue avoir failli renoncer par plusieurs fois, à chercher désespérément à me désempêtrer de branchages et à force de recevoir de la neige sur la tête (et dans le cou) chaque fois que je secouais une branche. Mais la volonté a été la plus forte, je suis finalement sorti de la zone la plus critique. Il m'était difficile de me perdre malgré tout, il suffisait que je laisse le lac à ma gauche.

(il faut dire que ce lac est tout petit, quand même)

Mais arriva une autre épreuve, à laquelle je m'attendais: en général les lacs de retenue sont alimentés par une rivière et il fallait bien que je la rencontre à un moment donné...Avec un peu d'exploration, je trouve un endroit où des pierres permettent de limiter la longueur du saut, et surtout où ce n'est pas trop profond, au cas où...

Là aussi, il faut rassembler son courage car même si c'est pas profond, c'est froid et il ne faut pas se louper, mais d'un bond assuré je suis arrivé de l'autre côté.
Ensuite, c'était beaucoup plus pratiquable et je suis revenu à mon point de départ sans encombre.
J'étais heureux, je l'avais fait, j'avais réussi le tour du Lac du Merle en solitaire, sans assistance, en hiver, contre les vents (euh?), avec pour seul ravitaillement 3 Grany chocolat-banane, et en 2 heures seulement, battant là le record officiel du tour du lac du merle sans assistance en solitaire et avec 3 grany dans la poche.

Et la preuve que très souvent nos seules limites sont celles de notre fénéantise et de notre motivation (à cette échelle je ne me situe pas au niveau de la volonté de survivre, tout de même).




3 commentaires:

Nadia a dit…

Bravo pour ce périple, c'est sûr, si un petit lapinou peut passer, toi aussi!

cyrman a dit…

Chapeau bas !
En fait, tu caches bien ton jeu, et je découvre, en lisant ton récit, que ton âme est celle d'un aventurier sans peurs !

Sacré Mike, il aura su reveiller en toi le gout du risque et de l'aventure... à ce rythme là on va bientot te voir revenir bosser en vélo !... non je te l'accorde, venir jusqu'à Labège en vélo depuis Toulous, même Mike Horn ne s'y risquerait pas... (même avec 3 Grany chocolat-banane)

Cédric a dit…

Le Grany chocolat-banane est-il décelable au contrôle anti-dopage ??? That is the question.