mercredi 5 décembre 2007

il y a 25 ans


C'était un endroit sombre et plein de mystères. L'atelier de mon grand père, qu'on avait l'habitude d'appeler la cave, parce que c'était aussi l'endroit où mes grands parents entreposaient les patates et le cidre. Il y avait aussi le frigo ici, mais il n'a jamais été branché.
Quand j'allais y faire un tour, c'est l'établi qui attirait mon attention. Sous une fenêtre aux carreaux couverts de toiles d'araignées -ma grand mère disait:"les araignées, ce sont les copines de pépé"- un établi de menuisier en bois épais et sombre, usé par les années, sur lequel mon grand père a fabriqué, pour son plaisir ou par nécessité, des meubles de style normand jusqu'à plus de 80 ans.
Quelquefois il laissait trainer quelques plans, des schémas et quelques cotes au crayon sur un bout de papier quadrillé. Mais pas question de venir alors qu'il travaillait, il ne fallait pas le déranger. Comme je le comprends.
Autour, et dans les tiroirs, des dizaines, des centaines d'outils, eux aussi largement marqués par l'âge mais scrupuleusement entretenus, pas un rabot qui ne coupe parfaitement, pas un ciseau émoussé. Des clous, des vis, des scies, des clés, et je ne me lassais pas d'ouvrir tous ces tiroirs pour chercher de nouveaux trésors que je n'avais pas encore découvert. Mais je remettais bien tout en place avant de partir.
Comme Cedric me l'a fait remarquer, c'était il y a 25 ans, et ça s'accompagnait de courses de pommes à cidre dans la descente du jardin, et c'était chouette.

2 commentaires:

cyrman a dit…

il flotte un parfum de madeleine de Proust par ici... ( j'ai pas dis une odeur de prout de Madeleine hein !!! )

emmanuel a dit…

Effectivement l'odeur est très forte, mais très agréable également. ces images sont d'un brut traité avec beaucoup de finesse.