mercredi 8 octobre 2008

Excalibur








Petit clin d’œil à Emmanuel et son lutin des roches, voici les lutins des bois.


Nous sommes partis sur les pentes du Pic de Nore, alors que par endroits, à l’ombre, d’infimes résidus de neige rappelaient la rudesse des lieux malgré le temps clément du jour. Nous avons choisi un chemin qui s’enfonçait directement dans la pente, sous le couvert de grands arbres aux feuillages encore presque intacts.
Ces grandes forêts me manquent. J’aimerais en avoir une à portée de main, pour pouvoir m’y perdre à loisir. Les chemins larges, l’odeur de l’air, la fraîcheur de l’ombre, le jeu de la lumière entre les arbres, les perceptions visuelles brouillées par la succession des troncs, qui fait qu’on ne sait plus ce qui est loin ou proche, si ce qui bouge est animal ou simplement vent. L’imaginaire est perpétuellement stimulé. Les lutins ne sont plus très loin.

Justement, un peu plus loin sur la gauche du chemin le sous-bois s’éclaircit un peu. Pas de sentier qui en parte, mais cet endroit m’attire irrésistiblement, je ne peux m’empêcher d’aller voir. Ce sera un endroit parfait pour une pause. Les arbres sont suffisamment espacés pour donner l’impression d’une clairière, le tapis de feuilles mortes a l’air confortable, quelques rochers complètent le tableau, dont un avec une drôle de forme aplatie, et couvert de pierres plus petites.
Je m’aperçois que les fameux lutins sont bien là : les formes torturées des troncs en révèlent par dizaines. Figés sous leurs mousses et lichens, ils n’attendent que notre départ pour reprendre leurs activités. Ceux là doivent être joueurs : dans les feuilles mortes, tout près de l’endroit où Elodie s’était assise, j’aperçois un objet brillant.
Une épée .
En plastique.
Les lutins ne doivent être que des enfants : 200 ou 300 ans, tout au plus. Nous les avons manifestement dérangés en plein jeu de rôle.
Histoire de participer au jeu, je replace Excalibur dans son rocher, (celui qui est aplati et qui va comme un gant à cette épée), coincée, pas trop fort, entre les pierres.

Quelque chose me dit qu’elle n’y restera pas longtemps.

6 commentaires:

emmanuel a dit…

trop fort : le lutin et ... l'épée. Alors ça c'est bien vu et à priori le hasard! très belles images comme d'hab. merci du clin d'oeil.

Guillaume a dit…

Cette série de photo m'inspire énormément, et je pense percevoir très nettement la sensation que tu as eu en ces endroits... c'est vrai que dans notre Normandie natale (et ses environs) on arrivait fréquemment à tomber sur ce genre d'endroit (je pense à la forêt de Conches en particulier)
Moi je pense que la présence de l'épée n'est pas un hasard (je sais c'est farfelu)... Elle est venue à point illustrer ton ressenti et donc ça ne peut pas être un hasard.

... De l'art de ressentir quelque chose tellement fort qu'il finit par se matérialiser.

Sandrine a dit…

C'est donc toi le Roi Arthur !!!!!!!

nanou a dit…

Je t'avais pourtant interdit la fumette . Une maman désespérée

Flo a dit…

en plus d'être un photographe émérite, tu as un réel talent de narrateur.

Et ces instants que tu nous rapportes, c'est de la pure magie.

Merci

Geco a dit…

Merci beaucoup pour cette très belle promenade au pays d'Excalibur.
J'aime beaucoup le regard que tu portes sur la nature et ton blog est superbe.

A bientôt

Geco