jeudi 12 février 2009

Il faut sauver les (autres) grands singes…





Chimpanzé et bonobo, croquis d’après des photos de Cyril Ruoso

(comme la nature semble ne pas vouloir me donner l’envie de mettre le nez dehors pour faire des photos, je me venge sur un crayon et en profite pour « propagander » un peu…)

Il faut sauver les (autres) grands singes pour ne pas finir par en être les seuls représentants. Nous partageons ce nom avec chimpanzés, gorilles, bonobos, orangs-outans, gibbons et siamangs. Et pas seulement le nom, mais une écrasante majorité de gènes (99.6% avec le bonobo, 98.6% avec le chimpanzé), de comportements sociaux, d’aptitudes à la culture. En fait, nous commençons seulement à comprendre comment nous sommes liés, en même temps que nous participons activement à la destruction massive de nos cousins. Il y a fort à parier que, lorsque nous aurons enfin compris que les autres grands singes ne sont pas des brouillons inachevés de nous-mêmes, il n’y aura plus grand-chose à comparer.
Contrairement à ce que la culture occidentale nous laisse supposer, la séparation des lignées hommes-singes est floue. Temporellement d’abord, elle aurait eu lieu il y peut être 6 ou bien 10 millions d’années, de ce fait les pré-humains fossiles les plus anciens que sont Orrorin ou Toumai pourraient en fait être des singes. Philosophiquement ensuite, les frontières de la conscience, de l’intelligence, de la culture s’estompent. Plus on en apprend des grands singes et plus ils nous troublent par leurs facultés si peu différentes des nôtres. Et si les caractéristiques que l’on dit propres à l’humanité se retrouvaient également, à divers niveaux, parmi les autres animaux ? Il n’y a certainement pas la raison d’un côté, l’instinct de l’autre, et une hypothétique intervention divine entre les deux. Il y a entre eux et nous des différences, assurément, mais on ne peut établir de classement, prétendre à une supériorité, sur la base de ces différences.

Il reste 172 000 chimpanzés. (1 million dans les années 60)
10 à 20 000 bonobos (100 000 en 1980)
4 à 7000 orangs-outans de Sumatra (soit environ quatre fois la population de mon minuscule village)
50 à 60 000 orangs-outans de Bornéo

plus de 6 000 000 000 d’homo sapiens…

Sources : grands singes de Cyril Ruoso et Emmanuelle Grundmann,
A lire également pour approfondir le sujet :
Le singe nu de Desmond Morris : une belle démonstration de la persistance de nos habitudes animales.
Lucy et l’obscurantisme de Pascal Picq, une épine dans le pied du Dessein Intelligent.
Et enfin Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis, pour rire un peu de tout ceci.

4 commentaires:

Nanou a dit…

J'admire la dextérité et la maitrise du trait et moi en temps que grand singe, j'en bave d'envie .
Tant que l'argent ménera le monde, le monde a du souci à se faire .

emmanuel a dit…

moi aussi je jalouse ce don pour le dessin. Et également cette passion que tu fais passer pour chacune des causes que tu défends. Que ce soit celle là ou la défense de la nature en général. Bravo de la faire partager.

Cédric a dit…

Ouaip. C'est impressionnant.

Bravo et merci.

Cédric a dit…

C'est drôle (?!?), l'accroissement quotidien du nombre d'Homo sapiens est égal, à peu de choses près, au nombre TOTAL de chimpanzés, bonobos et orang-outans.