vendredi 19 juin 2009

Paysages sous-marins.






Sous l’eau, il y a les poissons, qui, les premiers, vous captent l’attention. On ne sait jamais s’ils vous cherchent ou vous évitent, sûrement un peu des deux. Ils peuvent s’approcher à les toucher, mais jamais on n’y parvient. Ils captent le moindre mouvement de l’eau et peuvent accélérer à la vitesse de l’éclair. J’ai vu un corb de taille impressionnante, d’abord immobile, partir à 5m de là en moins d’une seconde.

Les bancs de saupes vous emprisonnent dans leur tourbillon, les mérous jouent à cache-cache.

Puis le long d’un tombant votre attention se porte sur des millions d’êtres vivants accrochés, animaux improbables, tentaculaires et multicolores, éponges colorées, gorgones écarlates.

Les yeux rivés sur ces trésors, il ne faut pas oublier de s’en détacher un instant et regarder en haut : voir la lumière du jour découper sur fond bleu cyan les silhouettes des rochers.

Un paysage de western brumeux et étrangement bleu vous entoure, avec ses canyons, ses grottes, ses montagnes. Dans son ciel étrange les oiseaux ont des écailles et évoluent en nuages avec lenteur et silence.

Il n’y a qu’à regarder, regarder ses bulles rejoindre la surface au milieu de tout ça, nageant sur le dos, sereinement sous la protection de la surface.

A la fin de la plongée, quand votre réalité d’animal terrestre vous ramène à la surface au signal d’une petite aiguille qui indique la zone rouge, et qu’il faut rejoindre le bateau, depuis la surface on contemple les mêmes paysages sous l’angle inverse. Les poissons insoupçonnés depuis l’extérieur apparaissent par dizaines dès qu’on plonge le masque dans l’eau.

Et ce qui reste de tout ceci, n’est que l’envie d’y retourner.

Pour comprendre la force de ces expériences il suffit de s’interroger sur la plongée.

C’est le sport le plus paradoxal que je connaisse. Un sport dont la consigne principale est de faire le moins d’efforts possible, et pour lequel vous vous entraînez toute une année à nager en piscine pour au plus une dizaine de sorties en mer.

Un sport donc où l’on ne doit pas faire d’effort mais qui vous oblige à transporter 20kg de matériel de la voiture au port, du port au bateau, du bateau sur votre dos, et inversement, 2 fois par jour.

Un sport dont la pratique effective dure quelques 40 minutes, et dont les étapes de préparation et de déséquipement durent bien plus longtemps et sont désagréables au possible, comme enfiler une combinaison encore humide, voyager dans un bateau inconfortable où l’on crame au soleil pour rejoindre un site où, une fois amarré, il faut s’équiper de palmes, plombs, bouteilles, gants, masque, profondimètre et gilet au milieu de 40 autres plongeurs qui vous marchent sur les palmes.

Imaginez qu’il vous faille 1 heure pour faire vos lacets avant d’aller courir, vous arrêteriez le sport.

C’est bien la démonstration que le spectacle en vaut la peine.

8 commentaires:

Cédric a dit…

T'embête pas tant, on les voit très bien ici !

Cédric a dit…

Trève de plaisanterie, tu as fait une sacrée série là. D'ailleurs je n'arrête pas d'y revenir.

Nanou a dit…

Oui mais avec tout ça on est frustrés de ne pouvoir en profiter en direct .

greg a dit…

faut te mettre à la plongée. Il est pas trop tard!

Nadia a dit…

Test n° 1: Arriver à mettre la tête sous l'eau ... dans sa baignoire.
Si positif, alors tout devient possible, si test négatif, alors il te reste la possibilité de revenir très fréquemment sur le blog de Greg pour profiter de ses magnifiques paysages sous-marin...

C'est vrai que cela donne très envie de faire de la plongée... Mais est-ce que cela vaut le coup lorsque l'on habite près de la Manche ?...

greg a dit…

bah sur la côte normande peut etre pas; mais en bretagne doit y avoir de belles plongées.

Cédric a dit…

Oui mais en Bretagne faut pas y aller, c'est pas des gens comme nous.

Nanou a dit…

Oh toi, tu vas avoir des problèmes !
Sinon, le test de la baignoire est largement négatif .