lundi 31 août 2009

De l’hiver à l’été en 30 minutes…















Dimanche 9 Août,
Ce n’était pourtant qu’une journée de liaison. Nous quittons notre gîte pour partir toujours un peu plus à l’Est, où nous ferons halte à Hörgsland, tout à côté de Kirkjubaejarklaustur. Mais en route, quelques étapes méritent qu’on s’y arrête.

C’est d’abord une première cascade où nous stoppons, du nom de Seljalandsfoss, elle nous infligera une bonne douche. Etes-vous déjà passé derrière une cascade ? Celle-ci coule depuis un surplomb, ce qui permet cette excursion sur l’envers du décor.
Près de Skogar se trouve une autre cascade, qui elle ne permet pas de s’approcher si facilement : Skogafoss descend de plus de 60 mètres et est bien plus impressionnante et puissante. Elle offre aussi la fantaisie d’un arc-en-ciel double et permanent dès que le soleil se montre. Nous avons bien joué avec puisqu’en se plaçant à un endroit donné on se trouve entouré par l’ arc en ciel presque complet. Là non plus il ne faut pas trop craindre de se mouiller…
S’approcher du bord de l’eau en bas de la cascade est une expérience à vivre…d’autant que derrière cette cascade se cache encore le trésor de Drasi. Je n’ai pas osé aller vérifier.

La jeunesse géologique de l’Islande n’a pas laissé aux rivières le temps de se creuser un lit bien tranquille. Elles doivent composer avec le terrain qu’elles trouvent, et celui-ci est bien souvent torturé, cassé, brutal. D’où ces cascades vertigineuses. Mais ces deux ci ne sont pourtant pas les plus impressionnantes que nous verrons ici…

10 kilomètres plus loin, changement d’ambiance: nous voilà au pied de la langue glaciaire de Solheimajökull, qui descend presque jusqu’au niveau de la mer. Le temps se couvre et l’air froid venant des hauteurs dévale la pente et nous glace. On regrette de ne pas avoir pris des gants, on a déjà oublié que l’on transpirait quelques minutes plus tôt auprès de Skogafoss.
La glace chargée de cendres présente un mélange apocalyptique de valeurs grises, noires et blanches. Nous nous risquons à quelques pas sur la glace et envions les randonneurs équipés de piolets et de crampons qui partent explorer plus loin le glacier. Etre au pied de ce glacier, et à la fois si près de l’océan, devant ces montagnes de glace et de cendre, est encore une de ces expériences Islandaises si particulières où l’on se demande si tout est bien réel.

Un peu plus tard nous faisons halte au cap Dirholaey, où la silhouette des falaises nous rappelle Etretat, mis à part qu’ici le blanc de la craie a laissé place à un noir profond, qui s’étend aussi sur les plages. Fini le froid du glacier : le soleil se montre et nous revoilà en été. Le long des falaises le ballet des macareux, fulmars boréaux, labbes et goélands se joue à quelques mètres de nous.
C’est bien entendu les macareux que nous venions voir en premier lieu. Ces petits pingouins magnifiques et timides ont creusé des terriers dans la falaise, desquels ils décollent régulièrement et reviennent quelques minutes après le bec chargé de poissons.

mercredi 26 août 2009

Landmannalaugar














Samedi 8 août
Nous reprenons la même piste et les mêmes gués mais cette fois nous nous arrêterons au Landmannalaugar, un site volcanique où nous attendent des rivières fumantes et des montagnes ocres.
Sur la route nous nous stoppons d’abord au bord d’un lac que longe la piste. Nous y jetons quelques pierres, qui sous nos yeux ébahis restent en surface, elles flottent. Le lac n’y est pour rien, les pierres, si, c’est de la ponce, très légère.
La randonnée commence ensuite près des sources chaudes, et au fur et à mesure les paysages s’ouvrent sur des espaces aux couleurs incroyables, qui nous paraissent un décor de science fiction. L’immensité des lieux est difficile à appréhender, des promeneurs au loin nous aident à en estimer l’échelle . Nous escaladons le flanc du volcan et rencontrons nos premières fumerolles. L’odeur de soufre est forte, la terre est chaude. Nous ne sommes pas encore habitués à voir ce genre de chose et c’est avec une certaine appréhension que nous les approchons. Ici comme à maints autres endroits d’Islande, l’eau qui s’infiltre dans la terre se réchauffe en profondeur et se charge de soufre, elle ressort ensuite par ces fumerolles. L’acide sulfurique dissout les roches et leur donne ces couleurs allant du blanc au rouge.
Autour, les rochers d’obsidienne présentent leurs reflets de verre noir.
La redescente se fait par le champ de lave : nous évoluons dans un décor digne du Seigneur des Anneaux, parmi les roches et crevasses, sans fin. Nous débouchons alors sur une vaste vallée aux couleurs tout aussi improbables, qui nous semble nous ramener vers notre point de départ mais se poursuit en un canyon vertigineux qui nous oblige à trouver un autre chemin. Nous retrouvons la rivière un peu plus loin où les parois de roche changent encore de couleur : de brun-ocre elles passent progressivement au gris puis au vert. Je ne sais expliquer cette couleur, je n’avais encore jamais vu des roches d’une telle teinte. Ici ce ne sont pas quelques pierres, mais toute la montagne.
Enfin, sur la route du retour, le soleil accepte de laisser jouer quelques uns de ses rayons entre les nuages et révèle tout le relief du paysage où se perdent quelques moutons.

lundi 24 août 2009

Islande: un voyage aux origines du monde











Mercredi 05 Août, 18h30.
Je pars seul en train rejoindre Elodie à Toulouse pour commencer un voyage en 2 étapes. La chaleur est étouffante, je suis seul sur le quai, presque aussi seul dans le train, pas un bruit.
Le lendemain, après avoir retrouvé mon frère et sa famille à Londres, la suite du voyage est difficile à cause d’une attente très longue pour un simple changement de roue sur l’avion. Nous sommes impatients, l’Islande nous attend au bout du voyage.
L’arrivée à Keflavik sous la pluie nous met rapidement dans l’ambiance. La piste est au milieu de champs de lave. L’aéroport est très petit, nous récupérons notre 4x4 qui nous sera bien utile et appréciable, ne serait la consommation gargantuesque de son énorme V8 essence (impossible de descendre sous 13.5L/100).
Entre Keflavik et Reykjavik, les paysages volcaniques n’attendent pas pour s’offrir à nos yeux. Cratères au loin, sources chaudes et champs de lave se succèdent. L’île semble vouloir tenir ses promesses , celles d’un endroit unique, placé sur la faille médio atlantique, à la géologie en pleine crise de jeunesse.
Nous arrivons à notre premier gîte, Heimaland, situé au début de la route 26 dans le sud-ouest. Cette piste traverse l’Islande du sud au nord, mais nous emprunterons un chemin moins direct.
Devant nos yeux le volcan Hekla, haut de 1491m, la tête dans les nuages, dont la dernière éruption date de 2000. Il entre en éruption en moyenne tous les 10 ans, nous nous tenons donc sur nos gardes…
Vendredi 7 Août. La journée commence à 8h00 par une séance de jacuzzi en plein air, sous la pluie, par quelques 10°C. Rien de tel pour se détendre après le voyage. Nous partons ensuite en direction du volcan, bien vite les prairies laissent place à des paysages lunaires de sables noirs et de pierres volcaniques à perte de vue, sur lesquels peinent à pousser quelques herbes et quelques mousses. La route a quant à elle laissé place à une piste coupés par quelques gués que nous traversons prudemment, en espérant que nous ne rencontrerons aucune grosse pierre cachée au fond des flots.
Enfin, nous entamons un début d’ascension des pentes du volcan pour admirer le point de vue d’un peu plus haut, mais rapidement la pluie nous fait rebrousser chemin, et il est temps de manger.
A midi le pique nique a lieu dans un champ de lave : la lave durcie recouverte de mousses forme un vaste chaos à perte de vue.
Nous continuons la route et rentrons par la très pénible F208 : pas de gués mais piste défoncée et très longue.
Notre première journée sur place touche à sa fin et le dépaysement est déjà total. Les espaces semblent infinis, on parcourt des kilomètres de pistes sans croiser âme qui vive, la terre est noire, les volcans nous entourent. Le temps est très variable mais supportable, tout ça semble bien parti.