mercredi 30 septembre 2009

Changeons de dimension






Comme vous avez pu le deviner en voyant que je vendais mon appareil, il va de soi que je l'ai remplacé. Je dois avouer que c'est l'Islande qui m'y a décidé. Non pas que le D80 m'y ait paru trop limité, loin de là, mais simplement parce que ce que j'y ai vu m'a fait considérer que certaines choses, certaines photos méritaient qu'on les chouchoute un peu. Et puis, depuis que j'étais passé au numérique, j'étais quand même un peu frustré de ce petit format de capteur, qui ne permet pas la même douceur dans les flous que le 24x36, et je ne m'étais pas trop équipé en objectifs DX dans le secret espoir qu'un jour le numérique serait suffisamment mûr pour revenir au 24x36.
J'ai donc sauté le pas (au prix d'un sacrifice financier assez conséquent) et pris un D700, qui donc est l'un des rares appareils numériques au format 24x36, et aussi l'un des meilleurs (et pas le plus cher, ouf!)
L'un des avantages induits est que, en tapant dans ce niveau de gamme, le boitier est d'un niveau d'ergonomie bien superieur, ainsi que de nervosité et de qualité générale, et malheureusement aussi bien plus lourd.
Enfin je mets ici sans prétention quelques unes de ses premières images, bien sûr je n'oublie pas les photos d'Islande qui reprendront leur place ici très vite.

lundi 28 septembre 2009

66° Nord













Samedi 15 Août

Ce matin nous rejoignons la ville de Husavik, située juste au dessus du 66e parallèle. Jamais nous n’avons été si loin au nord, et si près du cercle polaire. A cette latitude, un peu plus à l’ouest, nous rencontrerions le nord de la baie d’Hudson au Canada, et un peu plus à l’Est nous nous trouverions en pleine Laponie. La baie de Husavik, bien qu’en deçà du cercle polaire, n’en appartient pas moins à l’Océan Glacial Arctique, puisque des péninsules à l’ouest et à l’est en empêche l’accès à l’Atlantique sans couper le cercle polaire.
Océan Glacial Arctique. Voilà des mots qui me font rêver…S’imaginer que je vais naviguer dessus me semble quelque chose d’improbable. Car nous sommes là pour ça, ou plus exactement pour tenter d’observer des baleines.
Cela faisait partie de ma longue liste des « choses à faire avant de mourir », et voilà une case cochée…
Nous embarquons donc (comme quelques dizaines d’autres touristes d’ailleurs) sur un ancien bateau de pêche en bois. Il est à noter que, si l’Islande continue malheureusement la chasse à la baleine, Husavik n’a jamais été un port baleinier. Nous voilà, avec 2 ou 3 autres bateaux, par un temps clément bien qu’un peu frais et sur une mer calme, à scruter l’horizon à la recherche de la moindre silhouette, du moindre aileron.
Il ne nous a pas fallu attendre bien longtemps, au loin une forme noire perce la surface, puis replonge. Le bateau qui naviguait au ralenti met plein gaz dans cette direction, et à plusieurs reprises pendant deux heures nous jouerons au chat et à la souris avec un ou plusieurs cétacés.
Une « souris » de belle taille, puisqu’il s’agit vraisemblablement de « petits rorquals » ou rorqual de Minke, qui mesure une bonne dizaine de mètres.
Cette espèce est celle que nous pouvions le plus logiquement rencontrer, puisqu’elle est assez commune et de ce fait a le malheur d’être encore chassée. Bien sûr nous aurions préféré apercevoir une baleine bleue, mais celles-ci sont si peu nombreuses qu’il est prévu que l’espèce s’éteigne prochainement, les effectifs ne suffisant plus à assurer sa survie. Mais on ne sait pas en tirer les leçons : la baleine à bosses voit ses effectifs augmenter, donc le Danemark souhaite en reprendre la chasse au Groënland…
Enfin, j’aurais au moins une fois aperçu une baleine, vu la vapeur de son souffle, vu la fluidité de ses apparitions, presque sans la moindre vague, avant qu’il n’y en ait plus du tout.
Après avoir suffisamment embêté ces géants paisibles, nous nous en retournons accompagnés du vol de quelques fulmars curieux.

L’après midi fut également un moment important pour moi : j’avais insisté pour que nous fassions un détour jusqu’à la cascade d’Aldeyjarfoss, malgré 40km de piste boueuse. Je connaissais cette cascade depuis quelques années par l’intermédiaire d’une photo d’Olivier Grünewald, et elle me fascinait par sa puissance et son décor extra-terrestre de colonnes basaltiques. Sa découverte ne fut pas une déception : les eaux plongent dans un tumulte incroyable au milieu d’une cathédrale de roche, percée au cœur d’un désert. Entamant une descente un peu périlleuse, j’ai pu m’approcher au plus près du bas de la cascade et ressentir toute la force de cet endroit. Ce n’est sans doute pas la plus belle des cascades, ce n’est pas la plus puissante, mais c’est de mon point de vue la plus emblématique.

Enfin, comme si cette journée ne voulait pas en finir de jouer avec nos émotions, nous faisons une ultime halte aux chutes de Godafoss, sur la même route. La « chute des dieux », parce que c’est ici qu’en l’an 1000, après que la décision fut prise à l’Althing que l’Islande serait chrétienne, que furent jetées les effigies des dieux païens.

lundi 21 septembre 2009

Ca sent le soufre…





















Vendredi 14 Août

En premier lieu, retour à Namaskard, l’aperçu des solfatares de la veille nous a donné envie d’en voir un peu plus et de s’attarder sur le site. Nous observons les lents bouillonnements des marmites de boue grisâtres et aussi inquiétantes qu’un chaudron de sorcière. D’autant qu’ici, l’odeur de Soufre est omniprésente et vous prend à la gorge. Nous en profiterons même pendant plusieurs jours à l’appartement où l’eau chaude du robinet donne à chaque douche ou à chaque vaisselle un petit parfum infernal.
Cette fois ci nous escaladons la pente argileuse et glissante du Namafjall pour profiter à plein de la vue et de l’odeur, pour nous imprégner de ces couleurs improbables.
La suite de la journée se déroule non loin de là, aux abords du volcan Krafla. Celui-ci, à peine calmé de sa dernière colère qui date de 1984, est encore bien chaud et fumant. Ses pentes nous accueillent d’abord par des couleurs et des marmites semblables à celles de Namaskard, mais brutalement le paysage devient , si c’était possible, encore plus apocalyptique. Nous voilà bientôt aux portes de l’Enfer, autour de nous et sous nos pieds, sur des kilomètres carrés, un chaos de cratères noirs teintés de rouge crache son haleine par tous les interstices de la roche. La lave a conservé la forme figée de ses écoulements pas si lointains, ça et là des gueules béantes semblent s’ouvrir sur le centre de la Terre.
Nous n’avons pas besoin de nous forcer pour respecter les chemins, tout écart semble une aventure bien trop risquée.

vendredi 18 septembre 2009

Petite Annonce


Après 3 ans de bons et loyaux services il est temps d'évoluer et de changer de dimension.
Je vends donc mon fidèle Nikon D80, auteur de (presque) toutes les photos de ce blog!
Si par hasard quelqu'un par ici serait intéressé...
Il est en très bon état, il n'y a que la protection d'écran qui, faisant son office de protection, présente des rayures.
Je le vends 380 €

De plus, je me sépare avec regret de son compagnon l'excellent zoom grand angle Sigma 10-20 F4-5.6 DC EX HSM, en excellent état également, au prix de 390 €.

Me laisser un message dans les commentaires.

jeudi 17 septembre 2009

Vers le Nord










Jeudi 13 Août.

Une grande étape nous attend. Nous quittons Hali et devons rejoindre ce soir la ville de Reykjhalid, au bord du lac Myvatn. Une bonne journée de route en perspective, en suivant la fameuse route 1, qui bien que principale route du pays n’est pas goudronnée sur tout le trajet.
La route suit d’abord la côte , parfois perchée sur la pente de ce qui ressemble à un immense tas de sable, à quelques mètres seulement de la mer. Puis arrivent les premier fjords de l’Est. Après un classique déjeuner hamburger-station-service-frites-au-paprika dans le charmant village côtier de Djupivogur, nous rejoignons le fond de Berufjord et empruntons un raccourci par la route 939 qui nous évite une grande boucle et nous fait passer un col dans des paysages impressionnants.
Enfin, tout près de l’arrivée, nous nous offrons une pause à Namafjall, là où fume la montagne : des marmites de boue bouillonnantes, des solfatares, et des chemins d’où il ne faut pas s’écarter sous peine de se brûler les pieds. Et également, des sortes de monticules d’où sort sous pression une colonne de vapeur en sifflant, comme une cocotte minute de géant.
Après cette journée de route nous ne nous attardons pas et prévoyons d’y revenir le lendemain, mais cela nous donne un bon avant-goût de cette région du lac Myvatn.

mardi 15 septembre 2009

Les grands bleus



















Mercredi 12 Août.

Nous devions revenir un peu sur nos pas pour aller voir des macareux sur une île. Nous prenons donc la route vers l’ouest et sommes très vite arrêtés : le pont sur le chenal du Jokülsarlon est en travaux pour peinture. Conforme à tous les ponts d’Islande, celui-ci n’a qu’une voie et il se crée, chose extrêmement rare ici, un bouchon.
Plutôt que d’attendre nous décidons, en apercevant quelques icebergs échoués sur la plage de sable noir à notre gauche, d’aller les voir de plus près le temps que la route se dégage.
Une furtive apparition sur l’eau nous fait changer nos plans : des phoques passent régulièrement dans le chenal, allant du lac à la mer, et inversement. Les sternes arctiques, canards eiders et bécasseaux complètent le tableau faunistique, tandis que le Jökulsarlon finit de nous hypnotiser de sa beauté.
La journée se passera ici.
J’aurais voulu découvrir tout le lac, le contourner complètement bien que ce soit impossible puisqu’il m’aurait fallu escalader le glacier, en comprendre chacun de ses recoins, mais le temps nous manquait. Vers son extrémité ouest, un bruit me surprend alors que je suis seul et que tout est calme : c’est un iceberg qui se retourne. Puis quelques vagues, et tout redevient paisible.
Demain nous devons quitter à regret ce lieu et avec Elodie nous décidons d’y revenir une dernière fois au coucher du soleil (vers 23h…), pour s’imprégner encore un peu de cette atmosphère unique.
Le vent est tombé, le lac offre un miroir au glacier, un phoque vient nous offrir un dernier salut, tous les icebergs se sont teintés de bleu et leurs craquements sont rendus plus intenses par la nuit qui approche.