vendredi 4 septembre 2009

Le cadeau d’anniversaire

















11 Août.
Nous quittons notre chalet de Hörgsland pour aller toujours un peu plus à l’Est, à Hali, où nous passerons deux nuits.
La route traverse d’abord les Skeidararsandur, au pied du Vanatjökull. Il s’agit d’une grande étendue de sables noirs coincés entre le glacier et la mer, infranchissables jusqu’à une époque récente. Des volcans en activité grondent sous le Vanatjökull et provoquent régulièrement lors des éruptions des coulées de boues monumentales. En 1996 l’une d’elle a emporté la route 1 et détruit le pont sur la Skeidara. Les énormes structures métalliques, dont un morceau est exposé à l’entrée du parc de Skafatafell, on plié comme du papier.
Nous commençons la journée au Skaftafell, donc, en espérant sincèrement qu’aucune éruption subglaciaire n’est à prévoir dans les parages. C’est d’abord vers la langue glaciaire de Skaftafellsjökull que nous dirigeons nos pas. Cet endroit nous donne un bon aperçu de l’immense masse de glace qui s’étend devant nous sur quelques 8400 km².
L’après midi, après la visite d’une ferme traditionnelle et de la cascade de Svartifoss, coulant au milieu d’une cathédrale de colonnes basaltiques en surplomb, nous reprenons la route 1 en direction de Hali. Un peu fatigués, nous approchons du lac de Jökulsarlon mais prévoyons de nous y arrêter seulement le lendemain. Le lac est sur la gauche de la route et nous est caché par un haut talus de pierres. La vision fugace qui nous arrive par une ouverture dans le talus nous fait changer d’avis instantanément. Nous nous arrêtons au premier parking, escaladons avec hâte le talus gris et soudainement, en même temps que l’air frais du glacier efface notre fatigue, nos yeux découvrent ce qui nous semble l’un des plus beaux endroits du monde.
Le Vanatjökull qui atteignait autrefois l’Atlantique, a reculé et creusé ce lac très profond (près de 200m) où ses glaces se dispersent lentement en milliers d’icebergs. Patiemment, silencieusement les icebergs avancent vers le sud et ceux qui atteignent le chenal auront la chance, peut-être, de finir leur longue existence dans l’Océan.
Autour de nous les sternes virevoltent alors que le soleil décline lentement, colorant de teintes chaudes le ciel qui se reflète dans le miroir parfait du lac, contrastant avec le bleu parfois intense des icebergs.
L’immensité du glacier à la fois si loin et si palpable perturbe nos habitudes de perception de l’espace.
La sensation de calme et de plénitude est totale, le temps n’a plus d’existence.
C’est l’anniversaire d’Elodie aujourd’hui.
« …Cadeau !... » lui dira tout simplement Cedric…

7 commentaires:

emmanuel a dit…

j'ai l'impression de revivre mes propres émotions à cet endroit précis. Cet air si froid d'un coup. un autre monde. On en oublie les gens autours. merci de me faire revivre ça. j'attend le reste avec impatience. car vous n'en êtes pas encore à la moitié de la boucle...

Nanou a dit…

Il faut vraiment que tu fasses un livre avec ton frère qu'il reste une trace papier où on puisse se plonger régulièrement.

greg a dit…

...Tu nous édites?

cyrman a dit…

"The Lopez Family Photo Book"

ça sonne plutôt bien...

chiche !

cyrman a dit…

moi j'achète de suite perso...

greg a dit…

Si t'achètes à 4000 exemplaires ça peut devenir viable.

Vi a dit…

Tes photographies et tes récits donnent vraiment envie de visiter ce pays. Merci encore !