mardi 27 octobre 2009

Vide-grenier





C'était il y a un peu plus d'une semaine. Nous étions allés nous débarrasser de quelques vieilleries au vide-grenier de Bouilhonnac, à côté de Carcassonne. Pour tout dire, ce fut la première fois de ma vie que je m'essayais à ce genre d'exercice, et cela n'a fait que confirmer ce que je savais déjà: je suis un mauvais vendeur. Si bien que, de temps en temps je m'éclipsais de derrière ma table à vieilleries pour aller marcher un peu dans la garrigue alentour et ramener quelques photos. Et à chaque fois je remarquai que mon absence avait un effet bénéfique sur les ventes: il suffisait que je m'éloigne une heure pour que tel objet qui nous encombrait depuis le matin fût vendu.
C'est ainsi que, ne pensant qu'à la rentabilité de notre commerce du jour, je multipliai les absences et les balades dans la garrigue. Ce qui me permit de découvrir à mon grand étonnement qu'à certains endroits les libellules pullulaient encore, même un 18 octobre, au matin pourtant bien froid.
Et l'avantage de cette journée un peu fraîche fut qu'elles se laissaient approcher sans trop de difficulté.

lundi 26 octobre 2009

le temps se gâte












Mercredi 19 Août

Une longue journée s’annonce. Nous quittons le confortable chalet de Keldudalur pour aller nous perdre au milieu du désert. Le beau temps qui nous accompagnait jusque là est parti voir ailleurs et une pluie constante s’est installée. Devant nous, cent kilomètres de piste à avaler. La piste est piégeuse, avec beaucoup de pierres et de grandes flaques qui font dévier le 4x4. Sur certaines portions, la boue est si glissante qu’on se croirait sur la neige, la voiture suit les ornières et le volant ne contrôle plus grand-chose. Malgré cela, le décor qui nous entoure est grandiose : la piste serpente dans un désert de pierres infini, où de temps en temps au détour d’un vallon une cabane ou un refuge viennent rappeler que cette île est habitée.
Nous nous arrêtons d’abord pour une petite visite culturelle au musée / ferme de Glaumbaer. Deux ados qui jouent aux cartes dans une pièce nous indiquent que l’entrée est payante, d’ailleurs, c’est à eux qu’il faut payer. C’est finalement une des rares occasions que nous aurons de visiter des sites créés par l’homme. Aussi intéressant que ce soit, notamment sur la manière dont les islandais ont compris le principe de l’isolation par toiture végétalisée, c’est surtout le spectacle de la nature libre et brutale qui a animé notre séjour.
Nous la rencontrons à nouveau à Hveravellir, qui est un autre site géothermique. Le temps n’est décidément plus d’humeur à nous simplifier les promenades. Les fumerolles et sources chaudes n’en sont pas moins impressionnantes sous la pluie, cela rajoute même à l’intensité dramatique du lieu, et en normands disciplinés nous nous en accommodons.
Nous ne parviendrons pas malheureusement à nous réchauffer à l’arrivée à notre chalet du Kerlingarfjöll : celui-ci est froid et inconfortable à souhait, en plus d’être hors de prix. Ce sera la seule fausse note du séjour, mais malheureusement aussi la dernière occasion de bien nous reposer avant le long voyage du retour.
Qu’à cela ne tienne, Kerlingarfjöll signifie « la montagne aux sorcières », ce n’est pas pour rien et nous nous devons de vérifier cela.A 5km de là le site de Hverasvaedi nous le confirmera, mais il ne se laissera pas facilement approcher. D’abord les 5km pour y accéder se fond par une piste accidentée et ravinée, en pleine montagne, que la pluie rend glissante. Notre 4x4 étant plus un véhicule de loisirs pour famille américaine qu’un outil de franchissement, il faut veiller à garder les roues sur un sol à peu près stable et pas trop pentu. Enfin, une fois sur place, ce sont nos pieds que nous devons surveiller. Un chemin serpente bien dans ces montagnes fumantes. Mais marcher sur un chemin de crête incliné à 30°, en argile détrempée, avec de chaque côté une pente lisse de 100 m jusqu’à la rivière, ne nous a pas trop tenté, et nous avons préféré ne pas trop nous aventurer. Il va sans dire que le temps ne s’est pas arrangé, bien au contraire : à cette altitude nous sommes dans les nuages, qui se confondent avec les fumerolles. La pluie nous trempe en quelques minutes, et nous devons écourter la balade. Pas trop de regrets à avoir : il est déjà tard, et certes le site et magnifique mais nous pouvons pardonner aux éléments ce petit moment de relâchement vu les conditions exceptionnelles que nous avons eu jusqu’ici.

mercredi 21 octobre 2009

Les chevaux islandais







Mardi 18 Août


Dans notre tour en sens antihoraire, nous quittons Reykjalid pour partir un peu plus à l’ouest. C’est une journée de transition : nous allons atterrir à la ferme de Keldudalur, au fond de la baie de Skagafjördur, où ne passerons qu’une seule nuit. Dommage, le gîte est confortable, et bien situé, à l’extrémité d’une sorte d’île formée par le delta de la Heradsvötn. Sous un soleil de plus en plus pâle le calme du lieu nous offre une petite pause dans cette volcanique épopée, nous observons de loin les oiseaux du fleuve, saluons au passage les vaches. Nous en profitons pour faire également un peu connaissance avec les chevaux islandais qui ponctuaient le paysage tout au long de notre périple. Nous tentons de faire comme chacun ferait avec tout cheval croisé au hasard d’une promenade, c'est-à-dire lui tendre une poignée d’herbes et lui caresser le dessus du museau. Pas si facile, le cheval islandais est un cheval à part. Petit, mais imperturbable, et franchement timide : ceux là semblaient bien intéressés par les poignées d’herbe, mais quasiment impossible d’approcher la main. Comme le font les poissons, ils vous échappent au dernier moment pour éviter tout contact étranger.

mardi 20 octobre 2009

Un dernier jour à Myvatn.







Lundi 17 Août

Nous avons déjà bien écumé le coin, même si nous nous rendons compte que cela demanderait des semaines pour appréhender la richesse de cette région. Aujourd’hui nous limitons les excursions en 4x4 et c’est à pied que nous partons de Reykjalid, le long de la route qui longe le lac. Nous traversons une lande peuplée de champignons et de bouleaux nains, pour retrouver une gigantesque cassure du le sol, témoin de cette fameuse faille médio-atlantique qui coupe l’île en deux du sud au nord. Mais c’est au cœur de cette faille que se situe la surprise : un peu en contrebas on peut accéder à l’intérieur de la faille et découvrir une grotte au doux nom de Grjotagjà, emplie d’une eau turquoise et fumante où, autrefois, les gens se baignaient. Il paraît qu’aujourd’hui l’eau serait trop chaude, pour être honnête je n’ai pas testé. Le rayon du soleil qui pénétrait par un interstice de la roche et faisait éclater la couleur de l’eau suffisait à mon bonheur.
Peu de trajet en 4x4 ne signifiait pas que nous allions économiser nos pieds, pourtant déjà bien entamés, mais aussi bien entraînés. Nous allions escalader un cratère, celui du volcan Hverfjall, qui forme un cône tronqué presque parfait. Nous entamons l’escalade après avoir traversé la zone des « chateaux noirs » de Dimmuborgir, qui sont là encore des cheminées de lave mises à nu par l’érosion.
Nous voilà au pied du cratère. Le chemin est simple : tout droit. Face à la pente ; Les Islandais ne doivent pas aimer les détours. La pente, parlons en : Hvefjall est un tas de sable, ou plus exactement un tas de pierres de diverses tailles, du gravillon au petit rocher, et tout cela forme la pente universelle de tous les tas de graviers du monde. Bref c’est raide, très raide et les pieds dérapent sur le sol meuble, emportant à chaque fois un peu de l’énergie qu’il nous reste. Enfin aux 2/3 de la pente, un islandais plus malin que les autres (mais moins efficace) semble avoir décidé que faire faire des zigzags au chemin serait plus sympathique pour les mollets des touristes. Nous lui devons peut être de ne pas avoir abandonné en cours de route. Et nous avons bien fait : sans compter la vue dominante sur le lac Myvatn, découvrir l’intérieur du cratère fut tout aussi impressionnant. Sans compter la satisfaction de l’exploit accompli.
Nous décidons tout de même de redescendre par un autre chemin, plus court, moins raide, mais qui nous fait faire un détour en bas, sur le plat. Ce sera donc un peu plus long pour le retour mais mes genoux n’auraient pas tenu la descente par le même chemin qu’à l’aller, sans compter que la moindre glissade se serait traduite par un dévalage en règle de l’intégralité du cratère.Pour nous remettre de ces émotions, nous ne pouvons pas quitter cette région sans passer une soirée aux bains de Jardbödin. Sans se prélasser en plein air, dans une eau soufrée à 40°C, d’un bleu laiteux presque opaque, sous les fumées de la source chaude. Sans observer, ainsi dorlotés par l’eau chaude, les derniers rayons du soleil teinter d’orange un rideau de pluie qui passait à quelques kilomètres de là, donnant l’impression d’une lumière venant du sol, comme le symbole d’une éruption volcanique qui venait saluer la fin de notre séjour à Myvatn.

mardi 13 octobre 2009

Sous-bois




L'automne arrive, l'occasion d'une brève promenade dans les sous-bois de la montagne noire, quelque peu envahis par les ramasseurs de champignons.
Et de retrouver les odeurs et les lumières de la forêt après la pluie.
(et un bon prétexte pour aller essayer le 20-35 d'occasion que je viens d'acheter, et qui devrait accompagner le D700 la plupart du temps.)

lundi 12 octobre 2009

Des cascades géantes aux montagnes rouges














Dimanche 16 Aout

Nous remontons un peu vers l’est et au nord du lac Myvatn, par la route F862, assez difficile également comme l’indique son préfixe « F ». Nous venons là pour voir en premier lieu ce qui est simplement la plus puissante cascade d’Europe. Ici, au milieu d’un décor de roches stériles la rivière Jokülsa à Fjöllum dévale une marche d’une quarantaine de mètres sur cent de large : c’est Dettifoss. La chute est si gigantesque et si tumultueuse que l’on peut littéralement voir les paquets d’eau amorcer leur chute. Amorcer seulement car il est impossible de voir le fond. Le remous est si fort que l’eau est vaporisée en un nuage qui remonte bien au dessus du niveau du haut de la chute, et la rivière ne redevient visible qu’une centaine de mètres plus loin au moins. Les personnes présentes sur l’autre rive donnent une idée de la fureur de la rivière, et des risques qu’ils prennent à s’approcher si près.
En remontant quelques centaines de mètres en amont, nous rencontrons une autre chute moins impressionnante mais pas moins belle : Sellfoss, très large et composée de multiples chutes.

Après cette matinée très arrosée, nous optons pour une visite plus minérale pour l’après midi, un peu plus au nord sur un site nommé Hljodaklettar. Ici les cheminées d’anciens volcans, refroidies, se sont trouvées mises à nu, exhibant telles quelles les orgues basaltiques créées en leur cœur par un lent refroidissement. Nous voilà au milieu d’un décor improbable et gigantesque à base d’hexagones extrudés, horizontaux, verticaux, en spirales ou en étoile, créant ici un escalier naturel, là d’inquiétantes gargouilles, ou encore une cathédrale de lave (Kirkjan).Nous montons progressivement en longeant ce canyon alors que le temps se réchauffe, et après avoir passé une muraille naturelle ressemblant à un rideau de lave nous escaladons le Raudholar : brutalement les basaltes laissent la place à une montagne au dessin parfait et aux couleurs tranchées : ostensiblement rouge et noire, comme un pied de nez aux couleurs conventionnelles qu’un décor naturel devrait avoir. Le paysage s’étend loin vers le nord, où autour du canyon la couleur verte reprend finalement ses droits.