lundi 26 octobre 2009

le temps se gâte












Mercredi 19 Août

Une longue journée s’annonce. Nous quittons le confortable chalet de Keldudalur pour aller nous perdre au milieu du désert. Le beau temps qui nous accompagnait jusque là est parti voir ailleurs et une pluie constante s’est installée. Devant nous, cent kilomètres de piste à avaler. La piste est piégeuse, avec beaucoup de pierres et de grandes flaques qui font dévier le 4x4. Sur certaines portions, la boue est si glissante qu’on se croirait sur la neige, la voiture suit les ornières et le volant ne contrôle plus grand-chose. Malgré cela, le décor qui nous entoure est grandiose : la piste serpente dans un désert de pierres infini, où de temps en temps au détour d’un vallon une cabane ou un refuge viennent rappeler que cette île est habitée.
Nous nous arrêtons d’abord pour une petite visite culturelle au musée / ferme de Glaumbaer. Deux ados qui jouent aux cartes dans une pièce nous indiquent que l’entrée est payante, d’ailleurs, c’est à eux qu’il faut payer. C’est finalement une des rares occasions que nous aurons de visiter des sites créés par l’homme. Aussi intéressant que ce soit, notamment sur la manière dont les islandais ont compris le principe de l’isolation par toiture végétalisée, c’est surtout le spectacle de la nature libre et brutale qui a animé notre séjour.
Nous la rencontrons à nouveau à Hveravellir, qui est un autre site géothermique. Le temps n’est décidément plus d’humeur à nous simplifier les promenades. Les fumerolles et sources chaudes n’en sont pas moins impressionnantes sous la pluie, cela rajoute même à l’intensité dramatique du lieu, et en normands disciplinés nous nous en accommodons.
Nous ne parviendrons pas malheureusement à nous réchauffer à l’arrivée à notre chalet du Kerlingarfjöll : celui-ci est froid et inconfortable à souhait, en plus d’être hors de prix. Ce sera la seule fausse note du séjour, mais malheureusement aussi la dernière occasion de bien nous reposer avant le long voyage du retour.
Qu’à cela ne tienne, Kerlingarfjöll signifie « la montagne aux sorcières », ce n’est pas pour rien et nous nous devons de vérifier cela.A 5km de là le site de Hverasvaedi nous le confirmera, mais il ne se laissera pas facilement approcher. D’abord les 5km pour y accéder se fond par une piste accidentée et ravinée, en pleine montagne, que la pluie rend glissante. Notre 4x4 étant plus un véhicule de loisirs pour famille américaine qu’un outil de franchissement, il faut veiller à garder les roues sur un sol à peu près stable et pas trop pentu. Enfin, une fois sur place, ce sont nos pieds que nous devons surveiller. Un chemin serpente bien dans ces montagnes fumantes. Mais marcher sur un chemin de crête incliné à 30°, en argile détrempée, avec de chaque côté une pente lisse de 100 m jusqu’à la rivière, ne nous a pas trop tenté, et nous avons préféré ne pas trop nous aventurer. Il va sans dire que le temps ne s’est pas arrangé, bien au contraire : à cette altitude nous sommes dans les nuages, qui se confondent avec les fumerolles. La pluie nous trempe en quelques minutes, et nous devons écourter la balade. Pas trop de regrets à avoir : il est déjà tard, et certes le site et magnifique mais nous pouvons pardonner aux éléments ce petit moment de relâchement vu les conditions exceptionnelles que nous avons eu jusqu’ici.

6 commentaires:

Guillaume a dit…

Intéressant le livre de la première photo.. c'est un recueil de psaumes (sálmur)j'en suis sûr mais je serais curieux de savoir lequel...

Gregory Lopez a dit…

Je me disais bien que tu allais t'intéresser à l'une des 2 premières photos.
Saurais tu traduire quelque chose sur la deuxième?

Guillaume a dit…

Très difficile pour moi pour plusieurs raisons : A la mode des anciens nordiques, ces mots ont été gravés sans séparation et la langue islandaise étant truffée de déclinaisons et terminaisons en tous genres, il est quasi impossible pour moi de séparer les mots. Tout juste distingués le verbe être (vertu), le verbe appeler (hring) et le mot dieu (guds)... ce qui laisse à penser que c'est une planche de lit.
Vieille tradition qui veut que chacun grave sur son lit sa "phrase bienveillante".
J'aurais beaucoup moins de mal à traduire du Scandinave moderne (bokmal norvegien, danois...) car c'est empreint de formes anglos saxonnes et même latines...mais l'Islandais ancien (et même actuel d'ailleurs) reste vraiment très proche du Norois ancien qu'utilisaient les scandinaves d'il y a 1000 ans et plus... désolé

Gregory Lopez a dit…

c'est déjà pas mal.
Effectivement cette planche était posée sur un lit, merci pour ces eclaircissements.

tata mimi a dit…

pour ma part, sur le côté de mon lit j'ai pu décrypter les signes suivants : I K E A ne serait-ce point scandinave également.J'ai entrepris des recherches dans la zone commerciale, sortie 4 b, mes recherches sont restées vaines.

Gregory Lopez a dit…

Voilà la clé du mystère! ça devait être long les conversations, à l'époque:
"-Salut Olaf, ça va?
-Oui Thorsteinn, mais je suis embêté mon clic-clac est pété.
-Y'en a des bien à Vertuleirosaltuimkringmedellerublessanndinnistulegudseilmarsamanihring.
-Ok merci j'irai voir"