lundi 6 décembre 2010

Le village fantôme et la clémentine






Samedi,
Avec toute la neige dont on nous parle aux infos, et dont ici nous sommes privés, je me sentais frustré et décidai de pousser jusqu'en Ariège pour en voir la couleur (blanche).
Pour la trouver, et malgré le froid, il m'a fallu remonter la vallée de Vicdessos bien au delà de Vicdessos, justement. Là, au coin d'un virage, la rivière Vicdessos passe tout près de la route et croise le GR10. Un petit pont enjambe la rivière et l'on peut s'en approcher, en y arrivant je reconnais l'endroit, je l'avais déjà photographié, il y a quelques années, en hiver. A l'époque j'avais été assez déçu du résultat, les photos n'étant pas à la hauteur de la beauté ressentie de ce paysage.Plusieurs années après, force est de constater que le résultat est le même: l'endroit m'a réellement semblé magnifique, mais je n'ai pas su trouver le bon angle pour en faire ressortir toute la beauté, et les photos sont plates. Est-ce l'appréhension de glisser et de me retrouver au bouillon, les doigts engourdis par le froid, ou la configuration des lieux qui ne s'y prête pas? J'avoue que j'aurais préféré avoir un temps plus gris et brumeux que ce franc ciel bleu qui forçait les contrastes et amenait une vilaine dominante dans cet endroit totalement à l'ombre.
Après avoir admiré plus haut la cascade glacée qui dévale de 50m de la montagne, je suis le GR qui longe la vallée à droite du ruisseau. Le temps est au beau et en montant j'ai vite trop chaud malgré les -5°. Plus loin, le GR bifurque et s'en va vers les sommets. Je ne suis pas là pour ça, je ne suis pas entraîné et je suis tout seul, alors sagement je reste sur le chemin qui longe la vallée. Au détour d'un virage, c'est un village entier que je découvre, mais totalement abandonné depuis des années, fantôme, en ruines. Inaccessible autrement que par ce sentier, ce village a du mourir en même temps que l'automobile prenait son essor. Restent quelques murs et une maison dont le toit a été rafistolé mais qui n'a pas supporté les dernières chutes de neige. Comme ça devient une habitude, je me risque à ouvrir la porte vermoulue pour découvrir un fatras de morceaux de bois, une échelle, et un seau en plastique qui apporte une touche de couleur incongrue.
Ce village, mentionné sur la carte du nom de Hérout, est un bon endroit pour faire une pause, et puisqu'il est 13 heures, je m'autorise un frugal repas consistant en une clémentine.
Mais, depuis quand n'avez vous pas mangé une clémentine à la montagne, les pieds dans la neige? C'est un bonheur infini. L'odeur, la couleur, le goût, tout est multiplié dans cet environnement et, en ce qui me concerne, cela me renvoie directement en enfance.

3 commentaires:

Nanou a dit…

Jolie "madeleine de Proust" . Je me demande si tu ne m'avais pas tiré une photo de cette cascade . Et c'est peut être elle que j'ai essayé de peindre sans grand succès . Comme quoi, rien ne vaut le voyage sur place . Veinard !

emmanuel a dit…

un récit qui transporte.
merci

Gregory Lopez a dit…

non pas celle là, celle dont tu parles c'était dans la montagne noire.