mercredi 3 septembre 2014

Auto immobilisme



Cette semaine, ma voiture est chez le carrossier à cause de la grêle du début de l'été. Pendant ce temps, il me prête une voiture de courtoisie. Avec un pneu crevé, certes, la courtoisie a ses limites. Du coup, j'ai une voiture de remplacement que je ne peux pas utiliser, enfin que je ne veux plus utiliser après m'être rendu compte que j'avais fait 30 km d'autoroute avec un pneu à 0.2 bar de pression.
Bref, il s'agit d'une Seat Ibiza diesel. Je m'étais dit, chouette, je vais pouvoir conduire d'une main avec le siège baissé à fond, la radio à fond et coller les autres voitures avant de les dépasser en trombe sur la ligne blanche, comme tous ceux qui ont des Seat Ibiza. Hélas non, pas possible, j'ai essayé, mais c'est un tracteur, toute tentative d'accélération ne fait qu'amplifier le bruit et les vibrations, rien de plus. La rançon du downsizing, avec un moteur 3 cylindres qui réduit aussi efficacement les consommations et le bien-être des occupants.
L'intérieur est composé de plastique grisâtre et de plastique grisâtre plus clair, avec des touches de noirâtre. Et c'est tout, du sol au plafond, aux contre-portes, dans tous les détails, pas de contraste, pas de joie, rien qui satisfasse le toucher, rien qui flatte la vue, que du léger, du mat, du sec et du rigide. Tout est normal, pensé, optimisé dans un but de réduction des coûts et du plaisir automobile.
Une voiture kleenex, pré-fabriquée, jetable et remplaçable à l'identique et indéfiniment.Une rationalité économique allemande déguisée en pimpante espagnole, mais de loin seulement et dans le brouillard (et il n'y a pas d'anti-brouillards). Une voiture sans marque, sans rien qui la distingue d'une autre voiture du même type hormis la forme de ses phares (et encore). Une voiture symptomatique d'une époque où on arrive à multiplier le nombre de modèles sans vouloir les différencier, car on refuse le moindre risque.

A côté, ma Volvo grise ressemble à un hot-rod.

Bon, je me disais, c'est surement une entrée de gamme, ça doit être fait à l'économie c'est normal.
Ben en fait non, ça coûte 15200€ minimum.

Et c'est en comparaison que j'apprécie ma petite MG, qui pétille de couleur, de bonne humeur et de fantaisie britannique (dans tous les sens du terme) pour bien moins cher, et sans décote. Son intérieur brille de mille feux, et c'est pour ça que par prudence j'ai ajouté un extincteur.




4 commentaires:

Nanou a dit…

et une clé de 13, et une pompe ( j'ai une photo ! )

Miguel a dit…

Ce texte est magnifique: tu as enchanté ma matinée. Surtout que je connais l'ambiance magnifique de la Seat Ibiza vu qu'un de mes collègue en as une. C'est toujours un bonheur quand il m'accompagne m'acheter à manger à midi. Tout ce que tu as dit est vrai: conduite sportive dans boite Tupperware. Aïe !

Cédric a dit…

Et le pire c'est que les Audi laissent la même impression.
Attention quand même avec ta britannique, qu'avec le référendum qui vient au-delà du mur d'Hadrien, ta malle ne décide de se faire la malle et de rouler de ses propres roues.

greg a dit…

Normal, c'est la même voiture (Audi A1), de même que la VW polo, la Skoda Fabia, et j'en oublie peut-être.

Pour la malle qui se barre, la perte de pièces de taille plus ou moins importante est tout à fait normale sur une MG, et prévue dès la conception. C'est par exemple pour ça qu'il y a deux boutons pour le dégivrage de la vitre arrière.