samedi 26 septembre 2015

Un peu d'histoire...le vilain petit canard



La XJ-S (avec un "-" ) est née en 1975. Elle devait succéder à la Type E qui était devenue une référence en termes de style et de performances, mais qui devait passer la main après 14 années de production.
Mais alors que la Type E était une auto de sport issue de la compétition, sa remplaçante devait avant tout représenter des ventes accrues, et effacer les limites de la Type E dues à sa conception prévue pour une production artisanale. Jaguar décida donc d'en faire un coupé de luxe, performant mais aussi confortable que ses berlines dont il dérivera, pour séduire un public bien plus large.
Plus grande, plus lourde, la XJ-S est née avec le moteur V12 de 5.3L des dernières Type E et une boîte automatique. Mais en plein choc pétrolier, sa consommation de 20L/100 n'arrange pas ses affaires. Ni son style différent, qui tire un trait net et très seventies sur les rondeurs des Type E, ni le fait qu'elle est vendue à peu près au double du prix de cette dernière.
Par ailleurs, l’Angleterre entre dans une période sombre de son histoire industrielle, et la qualité des produits s'en ressent. Le V12, en plus d'être gourmand, n'est pas très fiable et la mécanique complexe de la XJ-S difficile à réparer.  Tant et si bien qu'en 1981 apparaît une version H.E. pour High Efficiency, censée être plus fiable, plus performante et moins gourmande. Au passage, à l'intérieur, la XJ-S gagne des inserts en bois, absents des premières versions, comme des Type-E d'ailleurs. Puis viendront des 6 cylindres, dans plusieurs évolutions, et le modèle ne cessera de s'améliorer jusqu'en 1996, soit une belle carrière de 21 ans.

Ce modèle-ci date de 1988, et le moteur est un "petit" 6 cylindres de 3.6L. Moteur apparu en 1983 dans le but toujours d'améliorer la fiabilité et de baisser la consommation. De fait, ici on peut facilement la maintenir autour des 12L/100, ce qui est raisonnable pour l'époque et pour une voiture si lourde.

Mais une Jaguar de 27 ans, en 2015, ça veut dire quoi?
Dans un premier temps il faut saluer l'exploit d'avoir fait une voiture aussi longue, avec aussi peu de place dans l'habitacle. En contrepartie, celui-ci offre un confort remarquable.
Mais le luxe de 1988 se trouve être juste un peu inférieur à ce qu'on trouve dans une twingo de 2015. Des vitres électriques, les retros aussi (bon ceux là ne fonctionnent pas...),un ordinateur de bord qui vous donne la consommation instantanée, et donc des frissons, et quand même, une option sur ce modèle, des sièges chauffants. Il y a une direction assistée et une climatisation, bref comme tout le monde.
Et le moteur me direz-vous? 220 chevaux ça doit arracher le bitume non? Ne vous y trompez pas, la grande aristocrate se déplace avec douceur et élégance, d'autant qu'elle traîne un poids équivalent à trois 2cv tous pleins faits...
Mais l'immense avantage de ce modèle, mal né comme le vilain petit canard, mais qui n'a fait que s'améliorer en vieillissant, c'est qu'il se trouve encore pour une poignée de cacahouètes, à peine plus pour un modèle en très bon état. Par ailleurs, il semble qu'il gagne peu à peu de l'intérêt auprès des amateurs, à mesure que les Type E atteignent des sommets stratosphériques, on peut donc imaginer qu'elle redeviendra respectable dans les années qui viennent.





2 commentaires:

CHROUM-BADABAN a dit…

Bien plus belle qu'une R4 fourgonnette bleue (ancienne France-Télécom acquise aux enchères publiques du Service des Domaines) avec à l'arrière des bandes signalétiques rouges et blanches !

Gregory Lopez a dit…

C'est bien une R4 aussi. Au moins on peut aussi s'en servir pour aller à la dechetterie, parce que là...